• Wall-E - Andrew Stanton (30 Juillet 2008)

     

     

       Le presqu' Humain est partout. Un robot instrument- poubelleur batît des simulacres de buildings avec des déchets comprimés. Les objets du monde sont transformés en outil de collection rangés dans des remises, isolément du monde- dépotoire. Ces objets sont une tentative de renouer un lien affectif et social entre deux entités humanoides mais étrangères l'une à l'autre de par leur technologie et la civilisation différenciée dans laquelle elles tirent leur existence. C'est par la voix de la curiosité et de l'étonnement joueur que ces objets font office de tentative de lien entre les êtres automates. Le seul survivant de la terre est une aberration humanisée puisque c'est un robot susceptible d'éprouver des émotions. Sinon, il répond aux fonctions et à l'horizon que s'est fixé l'homme de notre société contemporaine: être seul, et travailler avec abnégation et bonne humeur. Il répond également au dogme contemporain dans le mesure ou son travail n'a plus d'usage, plus de sens. L'humanité a depuis longtemps quitté la terre. Mais persiste, sur la terre, la seule et dernière chose qui compte encore, plus que tout autre chose: le travail, comme effectuation matérielle permanente. Faire du déchet une compilation solide qui lui permet de s'accomplir en matière agrégée et monumentale.  Recyclage à l'extension rotative minimale.  L'humain est lui aussi devenu un presqu' Humain, puisqu'ayant atteint son idéal de confort paradisiaque, il  habite sur une croisière spatiale permanente. Boule obèse, il n'occupe plus son temps par l'action et la pensée. Il est occupé et déplacé dans les lignes prédéterminés de son asujetisement. Il vit en couveuse. Parmi les hommes, le réprésentant du pouvoir n'est qu'une figure enfermée, une forme vide ou c'est le confort qui commande l'illusion du controle sur les choses du monde, tandis qu'un robot tentaculaire nous détient et qu"un autre, plus petit, nous guette. Les repères de la responsabilité du pouvoir vascillent.  Une fleur est le dernier symptôme de la croyance en une vie terrestre. Sinon, qu'est- ce que la vie terrestre, sinon, un globe à taille humaine ou un ensemble de définition usagé? Les figures du pouvoir traditionnel sont des images périmées tandis que l'appel à revenir sur la terre n'est qu'une fausse alerte décelée par le pouvoir androide. La definition du mot danse déplace son sujet et son champ d'application puisque l'humain ne sait plus danser. Ce qui donne la mesure la plus proche de la définition de ce concept inconnu et lointain, c'est le mouvement physique de deux entités androide au sein de l'espace sidéral, à savoir l'éloignement par excellence. Dans ce monde, par quoi peut encore passer l'affect: dans les simulacres de ce que nous appelions yeux: c'est-à-dire le dérivé d'une paire de jumelles pour l'un et deux sources de lumière digitale bleux pour l'autre. Ainsi, d'un coté le regard est un reflet miroitant. De l'autre, il est éclat coloré. Le monde des humains n'a plus ni matière, ni consistance. Pour preuve, une paille ne suffit pas à un humain enflé en ballon pour éviter la chute. L'humain, magré ses formes proéminentes et son volumen'a plus de poids ni de lourdeur, par la grâce anesthésiante du glissement robotique. Les humains baigneurs, malgré leur surnombre au sein d'un espace réduit, ne vivent plus ensemble. A chacun son écran, son trajet propre. Cet humain est un baigneur déjà invalide qu'on soigne, qu'on protège du danger d'humanité qu'il ne contient déjà plus.  De tous, c'est la terre qui semble être la plus seule. Le contact d'une entité extérieure à elle ne semble exister que sous la suggestion visible de l'explosion atomique. Qui plus est, malgré son vide et son inertie, sa proximité provoque  la réaction et le reflex d'une menace, qui se solde par un tir armé surpuissant. Comme si le petit droide blanc  et fluet, ne pouvait  opérer une rencontre avec un monde aux exhalations de chaos (terre, fumées et déchet) par le salut d'un chaos rétroactif et réciproque.    Dans un monde ou la matière ne signifie plus reconnaissance et identité, seul le contact accidentel entre deux matières contenant potntiellement du vivant peut redonner l'accès à l'hypothèse d'un lien.  C'est l'altercation maladroite entre deux mains humaine qui provoque l'étonnement de la propension du vivant à l'attraction mutuelle. Car, il ne s'agit ni d'appréhension volontaire, ni de relation construite, ni de reconnaissance de semblable. Après tout, tel des androides, que cet contact fortuit provoque le soupçon de l'étonnement de la possibilité d'un rapprochement ne dépend pas de nous, humains. Cela semble être affaire de réflex, comme d'une réaction dont le sens provient d'ailleurs. Pour les deux droides, le contact accidentel entre deux extrémités, (simulacres de mains) atteste bien que l'approche entre deux êtres est affaire d'accrochage, d'incompatibilité d'état.  Qui sait, c'est peut- être par l'enrayement mécanique et l'accident que l'être humain parviendra à se réconcilier avec son semblable.

             Thomas C


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