• Shoot Em' Up - Michael Davis

     

        BD qui dégouline sur l'écran, de ses couleurs criardes et de ses décors carnavalesques (signés Denise Cronenberg, on est loin de la sobre précision de son travail chez David Cronenberg), Shoot' em up est une fable granguignolesque et infâme avec une esthétique digne du moyen- âge. Derrière les apparences d'un héroïsme subversif, se cache en fait la surdétermination d'une imagerie familialiste et outrancière dans sa visibilité crasse. Le méchant est irrécupérable de bêtise intégrale. Le gentil possède le charisme formaté de la brute héroïque. La prostituée bientôt faite mère est Monica Belluci. Bref, tout concourt à faire de ce film une débilité en plus dans le panel Hollywoodien contemporain. Récit analytique d'une scène clé, symptomatique de l'esprit du film, quand même, histoire de ne pas être venu pour rien. Enlacée l'un à l'autre, au cours d'une scène d'amour torride, la « brute héroique » et le personnage joué par Monica Belluci ripostent à l'offensive d'un assaillant armé jusqu'aux dents  en conjuguant simultanément le tourniquet d'une embrassade inextinguible avec, pour défense, un tir en rafale nourri de mitraillette. Image archi- colorée au ralenti, la sphère de l'homme et de la femme ensemble ne cède rien à la violence spectaculaire qui émane de leur union. Energie de la relation charnelle et puissance du coup de feu s'accordent parfaitement. C'est par de tels condensés visuels, aussi pompiers que laids, que le film s'enfonce dans une dialectique convenue et regressiste.

        OOOO

     

       

     

          Thomas Clolus


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