• Semaine du 10 au 16 Octobre | A-P. Lacotte

     

    Le dernier voyage du Juge Feng de Liu Jie
    et
    Anayi : les longues marches(2006) de Chou Chou

    Ces deux films à mon goût tout aussi plaisants semblent mettre en exergue des thématiques communes : la marche et les minorités...
    Les Tibétains génocidés dans l'indifférence générale (chouette, on pourra fêter ça l'année suivant celle des J.O.) seront content d'apprendre, et de voir que le cinéma « officiel » chinois s'interroge sur l'identité et sur le devenir de ses minorités.
    Remarquables photographies, luxuriance et vitalité des couleurs, profondeur des personnages, sobriété du jeu, adresses scénaristiques, ces deux œuvres nous montrent des visages de la Chine rurale, à des lieues (et à des lieux) de la Chine « qui gagne », celle de l'hypertrophie urbaine, du capitalisme-communiste dans ce qu'il a de plus abject.
    La fraîcheur de Chou Chou la jeune réalisatrice et actrice de son propre film, le teint buriné du Juge Feng (heureusement secondé par son assistante d'une beauté tranquille et solide, quelque peu maternelle autant que « conjugale »), des visages de la Chine « vraie », de la Chine d'en-bas.
    Ces chinois quasi anonymes, oui quasi parce que qui ne connaît pas le Juge Feng ?, marchent, marchent, marchent.
    Mais dans ces longues marches les faux mouvements ne pardonnent pas. La jeune Chou Chou se blesse à la cheville, c'est son prince charmant d'une autre minorité qui la « sauvera ». Le juge Feng ira, lui, rejoindre ceux qui l'ont précédé, dans la marche, et dans la chute.
    Ces deux films ne sont certes pas « du même moule » que  I don't want to sleep alone  ou que  Still Life , ils sont toutefois l'expression de la pluralité chinoise.

    Il est intéressant et peut-être même émouvant de constater qu'en dépit d'un régime politique affligeant, le cinéma chinois réussisse à nous offrir de tels joyaux de simplicité et de beauté, sans être pour autant, selon moi, de simples « cartes postales touristiques ».

    OOOO

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    Control de Anton Corbijn
    et
    24 hour party people(2003) de Michael Winterbottom


    "Punk's really not dead ?"

    La soirée proposée par le Lux était digne d'intérêt car elle me permettait d'une part de me pencher sur le cas de Joy Division, chaînon manquant entre le punk des Sex Pistols et
    la New-Wave (comme quoi il y'a du cinéma partout !) dont le nom d'un goût douteux ne me poussait pas par ailleurs à connaître davantage (tout autant que certaines guignolades de Marylin Manson me le font prendre avec des pincettes, bien que j'ai une certaine, très limitée tout de même, « sympathie » pour le personnage) et d'autre part de voir un film de Winterbottom dont j'avais naguère savouré le so british Tournage dans un jardin anglais.
    Contrairement à ce que j'ai pu lire dans Les Cahiers du Cinéma ( ?) je ne trouve pas que le point de vue adopté par Corbijn soit totalement sous « l'emprise » de celui de la femme du chanteur maudit. Elle ne me semble d'ailleurs pas ressortir plus « à plaindre » que Ian Curtis.
    J'ai particulièrement apprécié la convenue, mais habile toutefois, adjonction de certains titres au sein du scénario.
    Au final je ne suis pas devenu un fan de Joy Division, si je comprends et si j'entends maintenant la place particulière qu'ils occupent dans l'histoire de la musique je ne suis guère plus avancé quant à mes questionnements sur l'acceptabilité du jeu malsain qu'ont allègrement pratiqué les « provocateurs » musicaux, des saluts nazis de Bowie, de la Mercedes d'Hitler que Brian Jones essaya d'acheter ( ?), au douteux « logo » de ZZ Top, aux maquillages des Kiss, au colorations abjectes de l'album Holy Wood de Manson.
    Je préfère passer sous silence 24 hour party people, en souvenir... de mes souvenirs.  

    OOOO ( Control )

    OOOO ( 24 hour party people )

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    Les Simpson - Le film de David Silverman


    "Vive la télé !"

    Relatif inconditionnel (ne comptez pas trop sur moi en effet pour céder à d'hystériques traits passionnés, désolé) de cette série, une des meilleures du genre par moi connue (avec South Park), la version cinéma m'a quelque peu déçu.
    Certes j'ai savouré nombre piques contre la société américaine (ça fait toujours du bien, étant donné qu'on se tape les étrons des Michael –Bay, Moore-, on peut, sans être anti-américain primaire ou primate, se réjouir que du terreau ricain lui-même germe de succulentes auto-critiques) mais je dois avouer que l'ensemble ne tient pas la longueur.
    C'est bien dommage. Reste que les bonnes trouvailles faisaient un peu oublier ce qui traînait en longueur et ce qui manquait de rythme.

    Au fait doit-on dire Les SimpsonS en français ? En anglais The SimpsonS, certes...

    <o:p>OOOO </o:p>
     

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    Retour en Normandie
     de Nicolas Philibert 

    oui...
    Je n'ai pas été particulièrement emballé par ce dernier Philibert.
    Sans doute ais-je encore trop en mémoire l'ennui profond que m'avait infligé le visionnage de "Innisfree", cet été à La Rochelle.
    Le procédé est le même, même si les problématiques soulevées sont bien différentes.
    Nul pesanteur nostalgique ici, « l'amour des gens », dans les deux films-documentaires, un regard bienveillant sur ces vies qui suivent leurs cours respectifs...
    La rencontre avec une bonne partie de l'équipe des acteurs amateurs confirmait ce que le film semblait déjà dévoiler.
    Des réflexions ou plutôt des amorces de réflexion qui semblent appeler une « suite », en quelque sorte. Je l'attends.

    OOOO

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    Tout est pardonné de Mia Hansen Love


    "Pourquoi pas ?"

    Je me range volontiers aux côtés de ceux qui, à un niveau bien plus élevé que le mien et avec une culture et une légitimité bien supérieure à la mienne (presse spécialisée, Cahiers et Positif) ont vu dans ce film un premier film bien prometteur.
    J'ai beaucoup aimé le calme et la sérénité qui s'en dégageait.
    Mise en scène fluide et apaisée. Splendide lumières. Bel acteur et belles actrices.
    Pas de « secousses » ou de frénésie dans les mouvements de caméra, pas tout à fait d'apitoiement narcissique à la parisienne... On peut certes pointer çà et là des traits par trop forcés, peut-être, mais que ne peut-on pardonner ?
    Pas trop non plus d'idéalisation de la province profonde (ici le Limousin).

    Ce premier film, même s'il évolue parfois sur le fil du rasoir du « téléramisme » de base m'a séduit et j'attends donc le suivant.

    <o:p>OOOO</o:p><o:p> </o:p> 

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    <o:p>Waitress de Adrienne Shelly


    "Un essai imparfaitement transformé."

    Qu'on me pardonne ici mon champ lexical trop en phase avec la soûlante actualité rugbystique, mais c'est bien un sentiment de manque qui me reste à l'esprit (esprit-rugby ?).
    Possible sympathique comédie douce-amère façon cinéma indépendant américain, ce film qui n'en possède pas moins quelques qualités semble « à peaufiner ».
    Outre les plans colorés un peu trop « américains » (personnellement des gâteaux de ces couleurs ne me mettent pas vraiment en appétit...), outre une histoire un peu convenue, outre une fin téléphonée... Ce petit film m'a partiellement séduit.
    Je m'attendais à une réjouissante Litte Miss Sunshine bis, mais non !
    </o:p>
    <o:p></o:p><o:p></o:p><o:p>

    Quelques bons moments, c'est déjà çà.

    <o:p>OOOO</o:p> 

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    <o:p>Semaine du 10 au 16 octobre 2007
    André- Pierre Lacotte</o:p>

      
    </o:p>

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