• Secret sunshine : Si loin, si proche

    Semaine du 17 au 23 Octobre. 

     

        L'entretien accordé par Lee Chang-Dong à Positif dernièrement ne peut que me conforter dans mon appréciation : ce film restera à mon sens un des meilleurs films de l'année (oui, et je signe !).
    Si le titre signifie entre autre, d'après l'auteur, que les desseins célestes sont secrets, ce vers quoi je ferais tendre ce « rayon de soleil secret » c'est l'intime, à la rigueur, si on préfère, vers la part de divin qui repose en chacun de nous, mais je ne souhaite nullement accréditer une quelconque bondieuserie de supermarché, alors je m'en tiendrais simplement à « l'intime ».
    En effet, et ce n'est pas une des moindres raisons pour lesquelles je considère ce film comme un chef-d'œuvre, Lee sait nous mener vers la force originelle et intérieure qui sommeille en chacun de nous, même confronté au plus terrible des drames, ce n'est pas vers un Dieu quelconque qu'il faut se tourner, c'est vers son fors intérieur. Même si pour cela il faut « échouer » entre les mains de quelque secte... Sa réalisation (jeu des acteurs, photo, cadrages...) ramène constamment à l'intime.
    Quel remarquable scénario, quel remarquable jeu d'acteur et d'actrice.
    Situer son film dans une ville banale est un choix judicieux, familles banales, histoires banales, vies banales, ou presque.
    L'acuité avec laquelle Lee démonte la honteuse mystification de la religion est prodigieuse, mais sans doute est-ce à raccorder à sa propre vie, donc à sa propre recherche ?
    Aussi pourrait-on se prendre à rêver, Lee Chang-Dong est un ancien ministre de la Culture, imagine-t-on un des nôtres produire un tel chef-d'œuvre ? Pour cela il leur faudrait sûrement s'orienter vers une autre direction que celle de la compromission la plus lamentable ou du carriérisme le plus minable...
    Mais ne digressons pas trop.
    Si loin « Secret Sunshine » l'est puisqu'il se passe dans la lointaine Corée du Sud, langue étrangère, vie collective étrangère, économie étrangère, culture étrangère (même si Amélie Mauresmo hante l'écran d'une télé en second plan)...
    Et pourtant il est si proche !
    Le drame de cette mère n'est en rien étranger à celui qui peut survenir ici-même. La fausse (et non en fait, c'en est d'autant plus affligeant) « sym-pathie » des bons croyants est exécrable.
    Lee Chang-Dong démonte avec une neutralité remarquable et implacable les processus des « sectes » protestantes telles qu'elles fleurissent de l'Afrique à l'Asie, en passant par l'Afghanistan, lorsque les Talibans (autres « fêlés » à alibi religieux) ne s'en mêlent pas... Et n'oublions pas évidemment les Etats-Unis, ni même notre propre vie, à quelques enjambées de notre université chérie.
    Le choix des cadrages, les distances ou la proximité avec les personnages est toujours juste. J'ai donc une envie pressante de voir au moins deux des trois autres films de Lee Chang-Dong, puisque je crois qu'un des trois autres est introuvable en France.

    Si loin, si proche, riche et évident, pertinent et émouvant, juste mélodrame ne sombrant jamais dans un sordide pathos à l'américaine, ménageant l'espoir au plus noir de l'existence, Secret Sunshine est un bijou.

     

    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p>0000</o:p><o:p></o:p> <o:p>  </o:p><o:p>     André- Pierre Lacotte </o:p>

    Tags Tags : , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :