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Notre Cinéma


 



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Les Promesses de l'Ombre - David Cronenberg | 14 novembre 2007

 

   La désolante traduction du titre (Eastern Promises) ne me semble pas avoir pas contaminé celle des dialogues, ceux en anglais tout au moins, je parle russe sous amphétamines uniquement.Le titre original était parfait, alors pourquoi nos traducteurs/adaptateurs français se sont-ils une fois de plus ridiculisés ?Attendant énormément de ce film je risquais gros la déception, et c'est bien le cas.Cronenberg m'échappe donc une fois de plus. Ma vision de History of violence m'avait déjà fort échaudé, je n'ai pas réussi à passer outre les ressemblances (c'est un euphémisme) avec « La griffe du passé » et d'autres films dont le nom m'échappe présentement. Je reçois certes parfaitement la nouvelle dimension, métaphorique par rapport à l'histoire des Etats-Unis... que Cronenberg a voulu insuffler, mais les craintes par rapport à ce que je redoutais comme « too much » furent toutes avérées : retournement de situation à trois francs six sous, déroulement de l'intrigue téléphoné...Je comptais donc sur le dernier film pour me refaire un regard et une opinion sur Cronenberg... C'est raté !Je trouve que le scénario accuse des faiblesses un peu consternantes : que Nikolaï soit un agent infiltré est à mon sens la pire de toutes. J'ai crains dès le début du film que ce soit le cas...Les relations interpersonnelles ne sont pas très originales.Le couple chauffeur/sage femme est à peine abordé (et tant mieux car cela sauve d'une déception qui eut été alors bien plus cruelle).Le couple fils « dégénéré » (car homosexuel refoulé, hou la la c'est pas bien, surtout quand on est le fils d'un parrain de la mafia russe!!!) / Chauffeur : l'ambiguïté (encore que...) sexuelle aurait pu être un beau moteur d'intrigue. A ce propos je fais part de ma bonne surprise par rapport au jeu de Vincent Cassel.Le père est une ordure parfaite, et c'est le personnage et l'acteur qui tire, pour moi, le mieux son épingle du jeu.J'ai toutefois bien apprécié la noirceur du film (et pas uniquement au sens premier du terme), « brillante » noirceur.Il manque quelque chose dans ce film mais je ne saurais dire quoi !Quel dommage donc !

Peut-être qu'un second visionnage me permettrait d'aller au-delà de cette première impression que je regrette amèrement...

   00OO

  

André-Pierre Lacotte

Publié par Notreciné à 22:59:31 dans Correspondance cinéphile | Commentaires (0) |

Le Rêve De Cassandre - Woody Allen | 14 novembre 2007

 

    A l'image de Match point, Le rêve de Cassandre dans sa qualité, semble être le fruit de toute l'expérience de Woody Allen. De sa fameuse trilogie New Yorkaise à celle qu'il consacre ici à Londres, en passant par ses comédies légères et inégales, Allen a accumulé un savoir faire impressionnant, en résulte son dernier film, un grand film. Le scénario dans ses grandes lignes est des plus simple : Deux frères, dont les ambitions n'ont d'égales que les difficultés qu'ils ont à les assouvir, se retrouvent face au plus cruel des dilemmes : tuer, faire le mal et s'en sortir (le choix de la facilité), ou trimer toute leur vie, survivre modestement. Ils choisissent la facilité. Leur richissime oncle est un exemple, mais il doit réduire au silence un de ses collaborateurs pour rester en course. De cette idée de départ, découle un film rigoureux, solide, dont la maturité et la justesse reste marquante. Le tour de force du cinéaste, est de proposer une critique acerbe, mais jamais moralisatrice, du pouvoir. On n'arrive pas au sommet en restant dans la loi, avec l'argent on peut tout acheter, même la mort de certains... Le film ne cesse de montrer les travers de l'homme, ses déviances, ses choix égoïstes, sans pourtant s'embourber dans la critique facile et grossière, ni dans la psychologie abusive. Tout est dans le ressenti. Le spectateur, attaché viscéralement aux deux frères, est baladé, maîtrisé par Woody Allen. Cette maîtrise est affolante, le cinéaste orchestre dès la première seconde la tragédie annoncée, la catharsis fonctionne à merveille, chaque détail renforce un peu plus l'immersion du spectateur, qui, s'il sait où il va, y va à reculons, tendu comme les personnages. Le film brasse très large dans ses thématiques et jamais ne se perd, car il réussit à ne rien intellectualiser, tout est limpide, sensible. Les relations humaines, le pouvoir, l'argent, le destin, le choix, le hasard, la valeur de la vie. Tout ce que dit, critique le film, passe par le ventre, physiquement se ressent, sans besoin d'intellectualisation. Cette réussite indéniable est sans doute à mettre au crédit de l'expérience de son géniteur. Sans fioritures ni effets contingents, Allen semble prôner l'efficacité par l'émotion, et l'émotion par l'extrême rigueur de l'écriture et de la mise en scène de son film. Ajoutons également la très belle performance des acteurs, Collin Farel en tête, qui malgré son passé cinématographique parvient à faire oublier ses personnages précédents, et à toucher, sobrement. La superbe Hayley Atwell ne saurait être oubliée, comment pouvait-on mieux incarner (et filmer) l'ensorcellement par l'amour ? Un film essentiel d'après moi...

 

   000O

 

       Thomas Lefebvre

Publié par Notreciné à 22:39:49 dans Correspondance cinéphile | Commentaires (0) |

Le rêve de Cassandre - Woody Allen | 14 novembre 2007

 

   Le dernier film de Woody Allen, malgré ma dévotion au maître, donc mon indulgence à son égard, n'est pas un chef-d'œuvre.
Je suis ressorti assez plaisamment distrait, mais je trouve que l'on est très loin des plus excellents de ses films. Mais lorsque l'on s'astreint à « sortir » un film par an, le risque n'est-il pas grand de commettre quelques impairs ? Je préfère ne pas répondre...
La facture du film est agréable, certaines séquences de suspens sont bien menées, on s'y laisse prendre, volontiers (enfin je concède que pour Woody je me laisse prendre facilement, même lorsque cela ne se justifie pas... « objectivement »), la partition de P. Glass est plutôt bien construite et accompagne avec subtilité plusieurs scènes.
Mais qu'en est-il du scénario ?
L'issue irréparable est plutôt prévisible dès le départ et il n'y a en fait pas beaucoup de surprises... Les personnages ne sont pas vraiment mémorables, et je doute fort que l'un ou l'autre des acteurs passe à la postérité pour son interprétation.
La jeune, jolie  et fraîche actrice, Hayley Atwell, n'a pas le charisme que certaines auxquelles Woody avait permis de se faire remarquer.
On retrouve avec plaisir des « traits » de Woody sous ceux de certains personnages, le père, certaines femmes.
Le film se pose donc comme un bon polar, mais sans plus.

En réalité, la seule attente qu'il suscite est celle d'un prochain film, une comédie psychanalytique dans laquelle Woody en personne reviendrait névroser son univers.

 

   0OOO 

 

        André-Pierre Lacotte 

Publié par Notreciné à 22:29:41 dans Correspondance cinéphile | Commentaires (0) |

Before The Devil Knows You're Dead - Sidney Lumet | 14 novembre 2007

 

   Perdus dans les limbes de mes neurones mémoriels « Serpico » et « Douze hommes en colère » ne sont guère plus que de vagues souvenirs, plutôt très bons malgré mon jeune âge alors.
Un fait s'impose selon moi, c'est que ce dernier film est un véritable joyau.
Quels jeux d'acteurs, quel scénario, quelle mise en scène !
Dès le générique je me suis volontiers laissé prendre par l'intrigue, par la mise en image.
Ce fut un vrai bonheur, bien que le terme mériterait quelque modération : le sujet du film ne peut guère porter à la joie.
Formidable trame habilement dévoilée par d'intéressants flash-back, pas déroutants pour un sou, contrairement à ce que j'ai pu lire ici ou là. Je n'ai pas plus été gêné par le saut d'un personnage à l'autre, contrairement à certains... Si cela n'apporte rien au film, cela ne le dessert pas pour autant, mais je ne prétends pas rivaliser avec les « vrais » !
Autant dire qu'en cette période de grosses sorties dans le domaine du « polar », ce film tient une place sur le podium des meilleurs (je renvoie qui le souhaite à mes billets d'humeur sur Allen ou Cronenberg). J'attends le dernier Gray...
La terrible « bévue » des pieds nickelés du braquage n'est pas longtemps une surprise mais là n'est pas forcément l'essentiel.
Les rapports entre l'aîné et le père et entre les deux frères sont tout à fait finement observés selon moi, même s'ils ne sont pas originaux.
La réussite de ce film tient à mon sens dans la puissance du jeu des acteurs donc de certaines scènes, et tout particulièrement, évidemment, dans la scène quasiment finale.
Il y a un côté « Alien » dans cette scène, la destruction de la « bête » des mains propres de son géniteur...
Lumet signe un film de haute volée car il ne s'appuie pas sur une originalité délirante, d'une certaine manière je trouve que son film a la puissance des « Departed » de Scorsese.
Les situations ne sont pas d'une grande trouvaille, enfin pour la plupart d'entre-elles, mais Lumet a l'art de les rendre émouvantes, saisissantes, bref, c'est un artiste du filmage !
J'ai vu ce film lors de sa dernière projection (en tous les cas en v.o. je pense) et je m'en félicite.
Je suis ressorti de la salle le souffle coupé, totalement abasourdi, fracassé par la violence du dénouement et par la noirceur de ce film.
Joyau écrivais-je plus haut, joyau écrirai-je en conclusion.

Précipitez vous incessamment pour le voir où que ce soit !

 

   0000 

 

       André-Pierre Lacotte

Publié par Notreciné à 22:21:03 dans Correspondance cinéphile | Commentaires (0) |

Berlin Alexanderplatz - Rainer Werner Fassbinder | 14 novembre 2007

L'humanité en ruine

 

     A travers ce monument, Fassbinder nous offre à la fois une métaphore et une métonymie de l'humanité.
Les personnages et tout particulièrement Biberkopf sont en fait des figures métaphoriques et métonymiques de l'Allemagne et de l'humain, voire de l'Humanité toute entière.
Ne connaissant que très vaguement Fassbinder, nom pourtant légendaire et dont la filmographie pléthorique est un « passage obligé » pour l'apprenti amateur de cinéma, j'ai ressenti d'autant plus fortement le choc que cette œuvre/roman est ultime tout autant pour des raisons temporelles (la mort de Fassbinder ayant mis un terme à sa carrière) que pour des raisons artistiques : c'est une somme et un sommet.
Ce à quoi nous assistons est l'ultime réflexion d'un éternel chercheur et questionneur de l'histoire de son propre pays... et de l'humanité elle-même.
En effet, Fassbinder questionne bien évidemment dans ce film l'histoire de l'Allemagne, de la République de Weimar aux premiers temps de l'Allemagne nazie, mais il questionne également l'humanité en s'essayant à l'analyse de ses fondements et de ses mécanismes. Ainsi cette étude entomologique de l'Allemagne de Weimar peut valoir pour une étude de l'Humanité.
Contrairement à plus d'un(e) je n'ai ressenti aucune sympathie pour les personnages, sûrement pas pour Biberkopf, pauvre type emblématique du paumé grâce auquel la pire barbarie peut s'élever en régime politique.
Difficile donc de s'identifier ou de compatir à son tragique destin, pas plus au sien d'ailleurs qu'à celui de ceux et de celles qu'il côtoie. Nulle sympathie mais pas plus de jugement pour autant. Se permettre de juger consisterait à trahir Fassbinder, car l'une des forces de ce chef-d'œuvre et la distance qu'il me semble maintenir, en dépit d'évidentes identifications entre des éléments autobiographiques et d'autres filmiques.
Le champ visuel tout comme le champ cinématographique n'est quasiment jamais « direct », des obstacles, humains ou matériels, s'interposent entre le spectateur et la scène cinématographique, de la même manière que les obstacles s'interposent entre Biberkopf et « le Bien ». Les mouvements circulaires de caméra (la scène du ring en fin de film faisant écho à la scène en partie primitive (au sens psychanalytique du terme, même si je répugne à trop facilement emprunter des termes à la psychanalyse dont je ne suis évidemment pas un expert) traduisent le vertige qui prend Biberkopf, ou l'humain « de base » face à la difficulté du Bien, du choix, de l'humanité donc. Ecce homo.
Si Biberkopf échoue à devenir honnête c'est tout autant en raison de sa propre « nature » (de sa propre humanité donc)
La violence perpétuellement latente de Biberkopf est en fait celle qui sommeille en chacun de nous, prête à jaillir à la moindre occasion, enfin, en certaines circonstances et en certaines époques, sans doute.
Si aucun des personnages ne m'a semblé attachant, ce à quoi je me suis  par contre attaché c'est à l'humanité, avec toutes ses faiblesses et toutes ses incertitudes, qui est en lui.
Biberkopf est l'enfant en croissance, il doit faire des choix et lui seul doit les assumer, son environnement socio-historique ne peut en rien l'y aider, c'est même plutôt l'inverse.
Les différents épisodes nous montrent les errances auquel, en définitive, chacun d'entre-nous est livré, errances au cours desquelles nous (donc Biberkopf) empruntons diverses voies, parfois sans issue.
Ce caractère enfantin est d'ailleurs palpable dans les relations entre Franz et les femmes, entre Franz en le monde puisqu'il finit par ne plus le percevoir en dehors de sa propre individualité, il ne le perçoit plus qu'à travers le prisme de son délire, maisranz pouvait-on survivre dans un tel monde sans adopter, résolument, un délire salvateur ?
Les partis pris de tournage adoptés par Fassbinder, malgré ou à cause de sa frénésie, entrent totalement en résonance avec mes impressions : caractère onirique appuyé, errance sans issue (il part de la prison pour finir à l'asile psychiatrique).
En un sens, Franz n'est-il pas plus prisonnier de ses propres démons qu'il ne l'est des circonstances ?

Quelles que soient les interrogations que le film laisse, pour moi, en suspens, je ne me lasse pas de le clamer comme un fort bel ouvrage, inégal et non exempt de certaines longueurs, mais quel exploit !

         André-Pierre Lacotte

Publié par Notreciné à 21:59:04 dans Correspondance cinéphile | Commentaires (0) |

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