• Le retour de Jean - Louis Skorecki (1988)

     

      

       Le cinema existe sur le mode d'un cumul de soustraction, chez Skorecki. A chaque fois, il est question de presque quelque chose, d'un soupçon de quelque chose qui laisse sa trace par une hésitation, une hébétude. La cinéphilie n'est pas ce communautarisme enthousiaste et pleins d'images. Ce n'est qu'une constellation de restes en poussières. Les personnages sont images décollées et lointaines de critiques, de stars, de noms de cinéastes, et de spectateurs de cinéma. La peau des visages de ces acteurs là ne s'imprime plus vraiment à l'image. Ils s'y infeodent, y glissent devant et font l'école buissonnière. Les regards ne percent pas, pas plus qu'ils seraient l'indice ou le témoin d'une pensée. Au mieux, on est pensif; au pire, on est pris dans le devenir à rebours d'une débilité attardée toute régressive. Les référents s'abiment. La cinéphilie, c'est le contact trivial et ennuyeux avec la perte du cinema. On est jamais dans les salles, toujours à la lisière, prêt à entrer ou à la sortie. L'action a disparu. Seul reste l'inertie et la vacance hypothétique, seule trace d'une grandeur passée. Le cinéphile est et restera éternel orphelin dont les pères existent à l'état de profusion suggestive. Le vrai père, ferme et indiscutable, restera toujours à trouver.

     

         Thomas C


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