• Lady Jane - Robert Guédiguian

    Réalisateur : Robert Guédiguian

    Année : 2008

    Acteurs : Ariane Ascaride (Muriel) ; Jean-Pierre Darroussin (François) ; Gérard Meylan (René) ; Giuseppe Selimo (Martin)

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    Synopsis : Muriel, François et René sont trois amis d'enfance qui ont fait de nombreux cambriolages dans leur jeunesse. Rendus célèbres dans leur quartier, ils cessèrent leurs activités lorsqu'un jour l'un d'eux tua le courtier en bijoux dans un parking. Depuis ces évènements, la bande d'amis se séparèrent et menèrent leurs vies chacun de leurs côtés. Un jour le fils de Muriel se fait kidnappé. C'est alors que Muriel demande de l'aide à ses trois amis. La bande est reformée pour une ultime affaire.

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    La vengeance appelle-t-elle la vengeance ?

    Telle est la question à laquelle devrait répondre le spectateur lorsque ce dernier regarde le nouveau film de Robert Guédiguian. Lady Jane, nous replonge dans le film de gangsters ponctué d'une teinte de noirceur. Certains rangeraient ce film dans la catégorie du film noir cependant nous n'allons pas nous aventurer dans la refonte des genres. Le postulat de départ, c'est-à-dire l'enlèvement de cet enfant, aurait pu nous faire penser que cet évènement sera l'enjeu principal. Or, à la manière d'Hitchcock dans Psycho, Guédiguian décide de bifurquer son scénario vers une autre voie. Le fait de tuer son enjeu principal du film au bout d'une demi-heure de film est une réelle surprise. Prendre cette décision est un pari osé puisque par la suite, il est nécessaire de travailler son scénario de manière à engendrer un autre évènement. C'est ainsi que durant la seconde partie du film, les trois amis ne se verront plus et nous aurons de temps à autre une description de la vie de chacun d'entre eux. Portraits servants à combler quelques manques, le film redémarre lorsque le meurtrier continue de harceler Muriel. François et René vont donc mener leur enquête et découvrir le meurtrier. La scène de l'affrontement est la seule scène réellement intense du film avec un suspens qui place au-dessus de la séquence. Alors que le réalisateur a voulu inculquer une dose de noirceur dans son film après l'assassinat de son enjeu principal, il ne pousse bout cette notion et nous offre au final une fin de film teinté d'espoir. Néanmoins, il arrive à dresser trois portraits de gangsters totalement différents. D'un côté nous avons Muriel qui a bien mené sa vie et qui tient désormais une boutique. Alors que d'un autre côté nous avons François et René qui, eux, vont se laisser entraîner par ce nouvel appel du banditisme. C'est ainsi que François décidera de faire un dernier cambriolage qui lui sera fatal tandis que René retournera dans son club avec ses danseuses et son amie prostituée. La mort de l'un des personnages principaux à la fin du film vient ici combler, de manière évidente, le manque de noirceur à la fin du film dû à un affrontement final, certes bien mené, mais qui ne va pas jusqu'au bout. En effet, nous apprenons qu'un jour que Muriel tua un homme parce que ce dernier avait tué son père. Pourquoi ne tue-t-elle pas aujourd'hui celui qui a tué son fils ? Le temps est-il responsable de cela ? Est-ce que avec le temps, les gangsters perdent de leur efficacité ? En effet, François ne va pas réussir son cambriolage et Muriel aura pour seul souvenir de son fils, sa carte SIM. Le temps rend les corps fatigués dépourvus de réactions. Seul le personnage de François veut revenir sur le devant de la scène comme avant. C'est cette volonté de revenir à un temps passé et ainsi de nier le temps présent qui fera de ce personnage un personnage condamné d'avance. Le film de Guédiguian oscille comme cela entre des séquences intenses (l'affrontement), des scènes qui en disent un peu plus sur le caractère des personnages (René et son Bingo), et des scènes clichés, comme lorsque Muriel achète de l'herbe à de petits dealers qui entraîne ensuite une scène « rock » avec une mise en scène fouille dû au personnage qui fume de la drogue. De plus la scène ou Muriel prie dans l'église avec ce petit oiseau qui vient rappeler l'innocence de son fils et le flash du meurtre mis en parallèle oriente le film vers un pathos qui s'exprime trop. Le film de Guédiguian est inégal, il peut nous tenir en haleine durant quelques séquences, puis nous abandonner sur le bord de la route pour nous revenir nous chercher pour une nouvelle séquence intense. La mort du fils au début est une réelle surprise mais la découverte du meurtrier n'est pas très bien ficelé et se fait de manière très simple et rapide. En effet, après avoir assister à la mort du fils, le spectateur est en droit d'attendre une mise en place d'une vengeance mené par les trois gangsters. Or, le film se dirige vers une autre voie la découverte du meurtrier n'est pas bien annoncée et il n'y a plus de suspens comme dans la séquence de la gare par exemple. Il aurait été plus judiciable de mieux préparer la découverte du meurtrier en injectant une dose de suspense au film.

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    Au final, Lady Jane n'est pas un mauvais film mais les scènes traitées de façon inégales risquent de rebuter quelques spectateurs.

     

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                    Anthony Boscher
     


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