• Sally Menke. Certain d'entre nous connaissent ce nom sans pour autant y associer un visage. Une image en écho donc, de la monteuse attitrée de Quentin Tarantino, posant a ses côtés. Dire quelle vive émotion nous ressentons aujourd'hui à l'annonce des circonstances de sa disparition, est un déchirement terrible. Il n'y a pas si longtemps, sur Notre Cinéma, Thomas Clolus fêtait la fin de la décennie 2000 en célébrant dans la joie, la provocation et la gourmandise, le cinéma de Quentin Tarantino : "cinéaste de la décennie". Sally était de chacun de ces films. « Héroïne tarantinienne », pas tout à fait. « Son » héroïne en tout cas. Pour nous, c'est évidemment autre chose. J'ai repensé immédiatement à DeathProof. Si Tarantino en était le MC (revoyons la scène du bar et tous ses vinyles qui continuent encore de tourner), enivrant les filles et organisant le clou du spectacle, Sally Menke en était évidemment la DJ. De l'inoubliable scène du crash frontal à la scène finale du film, il y avait là un réel exercice de scratch. Remonter la bande, revenir à l'instant, la faire crisser sous les doigts comme sous les pneus, comme sous les poings.

    Une image en écho de toutes ces émotions.

     

    Simon Lefebvre

     


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  •  Arnaud des Pallières est un explorateur, un chercheur des connexions de l'entre. Entre le texte et les images, que se passe-t-il? Quels dialogues audibles et tactiles dans la complexité des choses isolées et divisées qui feignent le tout? Les lettres séparées qui forment des mots détachés que l'on exprime avant qu'ils n'expriment du sens. Connexions d'un entre qui n'est en aucun cas un "entre deux", qui ne comporte ni de début, ni de fin. Pas la peine de regarder derrière soit, ni devant. Les connexions complexes quand on ferme les yeux où qu'on les pose sont là, invisibles. Entre la physique et l'abstraction il reste néanmoins les corps, ce qu'il y a de physionomique. Ce sont eux après tout, qui font connexions entre la fiction et le documentaire, entre l'image et le texte, entre l'intérieur et l'extérieur. Sur et dans la machine, statiques ou mobiles, ils sont ici malades d'un mouvement qu'ils ont créé et qui les dépasse et les emporte.

    Simon Lefebvre


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  • La mémoire. L'histoire. Ce qui doit rester et qui du reste est inscrit dans chaque temps: passé, présent, futur. Ce n'est plus de la présence. C'est juste là, quelque part entre le lucide et l'oubli, quelque part entre l'étudiante, l'historien, la chanteuse, le vieil homme, l'explorateur, l'allemand, la petite fille. C'est là, entre les voix, entre les regards, entre les mots, toujours à la croisée, celle des temps et des mouvements. C'est là, partout, malgré la transformation, ces nouveaux édifices bâtis par dessus les ruines. Un nouveau qui a recyclé les formes passées sans les faire disparaître. Quel témoignage pour demain? Quelles voix, quels regards, quels mots aux croisées de Drancy?


    Simon Lefebvre


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  • publié par T.C


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