• Frenzy - Alfred Hitchcock (1972)

     

         Cruauté et jouissance coupable de la perversité. Dernière partie de l'oeuvre du grand Alfred Hitchcock. Le cinéma est affaire d'emballage et de vêtement, comme la mort d'ailleurs. Il faut serrer très fort le noeud de la cravate, non pour faire bonne figure mais pour étrangler les femmes. Etrangler une femme, pour un homme, n'est pas juste homicide de fait- divers mais parabole d'une relation sexuelle maladive et hyperbolique. Le processus de la jouissance de même que le chemin vers la mort entretiennent la durée comme connivence. Le marché de la nourriture est le théâtre du difficile camouflage de cette mort. Car, même mort, un corps éprouve les appétits sexuels les plus tenaces de par ses extrémités (ici le pied, partie du corps jugé profane et indésirable par les uns, figure ultime de la projection de l'appétence sexuelle pour les autres (Hitchcock, Bunuel, Tarantino). Pendant que la morte et son assassin se débattent, les pommes de terre tombent et se dispersent, preuve que la jouissance mortifère consomme, et consumme. Plus tard, ce sera le dégout malaisément dissimulée par puritanisme du détective devant un diner préparé par sa femme qui permettra à la vérité punitive de se faire jour. La négociation avec le jugement moral et la mort ne se résout pas sur le terrain judiciaire, mais quand le délice du suspense culinaire remplace la faillite culinaire. Trivialité et pulsion répulsive vont de pair avec la jouissance des vérités acquises sur la mort. Ce film est aussi un ordre auquel on ne saurait se soustraire: revoyons tous nos Hitchcock!!!

                  Thomas

     


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