• Elle a passé tant d'heures sous les sunlights - Philippe Garrel (1985)

     

       Nous écoutons les visages à l'écoute, et la noble souffrance du silence. Les yeux éclatants d'une femme  ont le privilège du regard hors champ, tandis que nous éprouvons à pleine puissance le méta- langage des murmmures et des bruissements. Le prélangage est empreinte réaliste et filmique de la naissance au monde d'un être. A chaque naissance de fils de cinéaste, il s'agit de réaccoucher le cinéma comme forme et comme art afin d'espèrer pouvoir réarticuler les deux nouveaux nés dans un avenir prochain. Dans l'ombre et le silence, l'image cinématographique acquiert la force d'expression sensible qu'ont les doigts sur une peau traumatisée par la mort d'une amie récemment survenu. Le silence du film  est la transposition littérale du temps suspendu et de la frayeur gracieuse inconnu du seuil de la naissance au monde. Dans le dernier plan, le silence habite un mal de ventre soudain. C'est que de la femme à l'homme, du cinéaste au spectateur, de l'image à son dehors, l'intensité secrète et neuve de l'accouchement est proche. Elle a passé tant d'heures sous les sunlights fait partie de ces films dont on a le sentiment intime que, ni plus ni moins, ils INVENTENT LE CINEMA.

            Thomas C


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