• Deux vies plus une - Idit Cebula

    Réalisatrice : Idit Cebula

    Acteurs : Emmanuelle Devos (Eliane Weiss), Gérard Darmon (Sylvain Weiss), Jocelyn Quivrin (David Klein), Michel Jonasz (Guidalé), Valérie Benguigui (Valentine), Jackie Berroyer (le directeur de l'école)

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    Synopsis : Eliane, une jeune institutrice, mène sa vie sur deux fronts : celui du foyer et celui de son travail. Un jour, une rencontre avec une jeune auteure va bouleverser sa vie. En effet, Eliane va décider de changer de vie et va commencer à écrire, puisant son inspiration auprès de ses proches et de son Histoire.

    <o:p> </o:p>Une diégèse étouffante
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    Dès le début du film, nous sentons bien que le personnage d'Eliane a quelques difficultés à évoluer dans cet univers qui l'étouffe. En effet, elle jongle entre la vie de famille et une vie professionnelle qui l'empêche de s'épanouir. Eliane est comme enfermée dans un cocon dont elle aimerait s'extraire pour devenir ce qu'elle est vraiment. Nous avons donc l'impression que le portrait du personnage que nous décrit la jeune réalisatrice ne conviendrait pas au personnage lui-même ce qui provoquerait donc de ce fait une sorte de mutation pour changer de vie. Le début du film nous décrit une diégèse ou Eliane a du mal à évoluer et où personne ne la comprend. En effet la séquence ou elle et son mari regarde une vidéo enregistrée par la collègue d'Eliane est significatif de ce que nous venons de décrire. Quand il lui dit « Ecoute chérie on ne voit rien là, il n'y a pas d'image ». Cette réplique est le parfait résumé de ce début de film. Les personnages qui entoure Eliane ne la voit pas, ne la comprenne pas. Elle évolue toute seule sans que quelqu'un puisse la remarquer sous son vrai aspect. C'est en effet la rencontre avec cette jeune auteure qui va conduire Eliane vers une autre destinée et qui va la métamorphoser au point que celle-ci puisse prendre en mains la diégèse.

    <o:p> </o:p>L'écriture d'une diégèse comme l'écriture d'un livre
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    Le film débute sur le générique qui nous décrit l'écriture des futurs carnets que va écrire Eliane. Ce début de film nous démontre donc bien que c'est, certes l'écriture du film auquel nous allons assister mais également l'écriture de la nouvelle vie d'Eliane. Le titre du film, « Deux vies plus une », est également explicite à ce sujet. Les deux vies sont celle de mère de famille et la seconde et sa vie professionnelle. La troisième vie est celle qu'Eliane va écrire elle-même sans que quelqu'un soit derrière elle comme une ombre. Le personnage d'Eliane se réinvente une histoire dans laquelle elle va tout contrôler. Le point noir, au fait de posséder ses pleins pouvoirs, est le fait que toutes les personnes qui l'entoure ne vont pas la comprendre puisqu'elle a déjà quitté l'univers « normal » des personnages de la diégèse. La seule personne qui la comprend c'est l'éditeur puisqu'il évolue dans le même monde qu'elle. En effet, lors de la séquence ou l'éditeur est invité à dîner chez elle, nous faisons face à une discussion entre le mari et l'éditeur. Celui-ci ne comprend absolument pas la question du mari comme si ce dernier, ne faisant pas parti de leur univers, ne pouvait ne serais-ce communiquer avec eux.

    Nous avons donc le portrait d'une jeune femme qui se réinvente un scénario, elle écrit dans ses carnets comme elle réécrit sa propre histoire. La réalisatrice aurait pu changer son film de scénario et faire tomber amoureuse son héroïne de l'éditeur or, elle choisit de laisser cette dernière continuer à évoluer dans un autre univers que le sien mais ou finalement toute sa famille fini par la comprendre. 

    <o:p> </o:p>Un scénario classique qui sort de l'ordinaire
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    Le genre traité par le film, à savoir la crise de la quarantaine, est un thème souvent abordé par le cinéma français. C'est en effet un genre ultrabalisé ou il en ressort les mêmes thèmes à chaque film. L'histoire d'un homme ou d'une femme qui souhaite changer de vie et qui quitte femme ou homme et enfants pour une personne qui la comprend mieux. Or la réalisatrice décide de laisser son personnage continuer de vivre sa vie sans l'empêcher de vivre ses rêves.  Souvent nous faisons face à des personnages frustrés de ne pouvoir vivre le rêve. Le film est également ponctué de parenthèses, comme de sortes de séquences surréalistes, qui viendraient comme redonner un coup de fouet au scénario. En effet, Eliane va souvent rendre visite à son père au cimetière. Elle s'assoit et elle parle de ce qui lui est en train de lui arriver. Il y a également la séquence ou elle hurle à la société entière qu'elle vient d'acquérir un ordinateur. Ces flashs sont également présents pour rappeler au spectateur que ce qu'il regarde est une fiction et non pas la description d'une sorte de rêve américain. Le parti pris de ces « flashs » surréalistes sont la marque de la réalisatrice qui nous décrit sa façon à elle de changer les codes du genre. Le film n'est pas traité sur fond de drame mais de comédie. En effet, même le choix du couple Darmon-Devos surprend mais à l'arrivée fonctionne parfaitement ce qui vient encore une fois réinventer les codes. La réalisatrice, en même temps que son personnage, remet au goût du jour le genre.

    <o:p> </o:p>Une caméra qui n'exclue pas le spectateur
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    La mise en scène de Cebula est orchestrée de façon à ne pas exclure le spectateur. En effet, quand elle filme ses personnages elle les filme généralement en plan rapproché ce qui procure un effet de promiscuité avec les personnages. Cet effet permet donc au spectateur de se sentir plus proche des personnages tout en sachant que ce n'est qu'une fiction. De plus cette promiscuité n'est pas telle que nous pouvons nous confondre avec les personnages et ainsi créer une sorte d'aliénation entre nous et les personnages qui viennent se refléter sur la toile blanche.

    <o:p> </o:p>Le mot de la fin....
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    Le portrait que nous peint la réalisatrice n'est pas un portrait de femme ordinaire. C'est en effet le portrait d'une femme qui décide de prendre certes sa vie en main mais qui réécrit le scénario à sa façon de telle façon à prendre la diégèse et le spectateur par la main et de nous embarquer dans son univers haut en couleurs.

     

       00OO

     

             Anthony Boscher


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