• Pour les internautes qui passent (encore) par ici, sachez que Notre Cinéma n'est plus guère alimenté de textes. Mais le blog continue d'exister et à ce titre, peut continuer sans règle aucune, à accueillir des textes quand l'envie nous prend.

     

    Sachez aussi que l'écriture continue en ce qui me concerne, en d'autres lieux, et sur Revue Zinzolin notamment. 

    Un hyperlien, moyen de poursuivre les lignes, de prolonger la lecture.

     

    Au plaisir de se recroiser ici ou là.

     

    URLement,

     

    Simon Lefebvre


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  • La saga Indiana Jones, Arrête moi si tu peux, Duel...ces films témoignent de l'amour de Spielberg pour les parcours, les trajets. L'histoire fait voyager. Le cinéma fait voyager. Du voyage naît l'émerveillement du regard, la curiosité, la découverte, l'aventure enfin. C'est dans ce mouvement que se retrouvent dans le même élan tous les admirateurs du réalisateur américain. Les aventures de Tintin – le secret de la Licorne ne les décevra pas ; mais n'allons pas dire que le film se place sous le signe d'un enchantement retrouvé. Au contraire. L'histoire racontée par Tintin dépasse (grand ouf!) les seules dimensions du récit. Ce que Spielberg raconte aujourd'hui, c'est l'histoire – fantastique, mais aussi périlleuse –  du cinéma américain dans l'aventure numérique.

     

                Cette histoire commence par un trait de crayon sur une feuille et finit par un duel entre deux grues pilotées par des hommes. C'est l'histoire d'un geste qui s'est perdu, du moins, qui s'est éloigné, transformé considérablement. Le geste de l'artiste. Le crayon VS la machine. Le contact pour autre chose. L'image numérique, cette grande boulimique, est passée par là, affamée de matière, obsédée de vouloir la rendre. C'est elle dans ce film qui fait face et regarde l'humain. Éternel et récurrent corps étranger qui regarde, chez Spielberg, l'homme avec curiosité. Rappelons-nous comment E.T et Eliott s'apprivoisent. Rappelons-nous comment le dilophosaurus regarde le gras Dennis Nedry, rencontré à côté d'une énorme voiture jaune ; comment l'oeil du T-rex cligne au travers de du pare-brise. Ce regard  là, chez Spielberg, est toujours celui de la naissance d'une intrigue. Aujourd'hui, c'est un Tintin tout de synthèse et de volume qui fait face à sa réplique originelle, à savoir, la ligne claire de Hergé. Le héros observe alors un drôle de sentiment. Ce portrait lui ressemble, mais ce n'est pas lui. Comme E.T ou le dinosaure à crête, il perçoit dans celui qui lui fait face une ressemblance, mais une ressemblance trouble. La motion-capture comme adaptation de la ligne claire fait ici absolument sens. L'image numérique est bien celle où la netteté est reine. Le trouble en revanche intervient à l'endroit du volume. Tintin n'en voit pas dans son portrait, sur cette feuille sur laquelle est crayonné le dessin de Hergé. Amusante sensation, drôle d'impression surtout. La marque de la mine d'un crayon, l'encre, le papier, sont  dans cet univers des choses devenues vraiment étranges. Ce sont des palimpsestes qui appartiennent à d'autres temps comme les vieux parchemins retrouvés dans les mâts des trois Licornes. Ceux-là sont pourtant bien plus familiers à ce Tintin là que l'est son portrait by Hergé. En se superposant, ils dévoilent une nouvelle image. Faire du volume est la clé, mais aussi le B.A BA en ce monde.

                Si la trace laissée sur la feuille par le crayon paraît maintenant étrange, c'est que le cinéma américain, depuis qu'il a découvert et s'est plongé dans l'image numérique a, semble t-il, oublié absolument la gravité. Devant les possibles offerts par la nouvelle technologie, il s'est abandonné à corps perdus – à tous jamais ? La motion-capture de Tintin et le générique d'introduction sonne l'alarme dans une frénésie de production industrielle d'images.. Ces acteurs dont les noms s'affichent à l'écran, nous les connaissons tous, ne serait-ce qu'en terme d'incarnation (Billy Elliott, James Bond, les deux amis de Shaun of the dead). Tous ont disparus derrière les rondes silhouettes du film. Une sensation alors: Le secret de la Licorne, tel qu'il nous apparaît, aurait très bien pu être réalisé selon les techniques d'animations relief « classiques » (Shrek, Monstres et Cie, Planet 51 etc...) les acteurs intervenant seulement en post-production pour doubler les personnages animés. Or pour Tintin, les acteurs ont joué, ont été placés sous capteurs pour que les ordinateurs enregistrent leurs mouvements, mais si leur voix demeure, leurs traits de reconnaissance ont disparus (au profit de ceux des personnages de la bédé). Les capteurs placés sur les comédiens ne captent pas tant leurs mouvements qu'ils semblent leur sucer la peau. Nous n'en verrons rien. Cette machine, toute de branchements qu'elle est faite, injecte suffisamment de volume et de synthèse pour que tout soit recouvert. Seules les voix donc, en réchappent. Les capteurs ne peuvent suçonner le son (il demeurera l'ennemi de toujours pour cette machine).  Les voix, comme en résistance, n'habitent rien. Elles le peuvent en réalité, elles ne le peuvent en virtualité (remember Matrix). Le numérique n'abrite rien. Il projette et propulse sans cesse. C'est l'univers instable par excellence. La matière n'y trouve plus de réalité tant elle est sujette à toutes les expérimentations et à tous les possibles. C'est le numérique de l'avatar de Jake Sully qui a pu l'emmener et vous emmener là où vous savez. C'est le numérique encore qui a permis à Nolan de rouler une ville sur elle-même comme du papier à cigarette. C'est le numérique qui fait danser Wall-E et Eve dans l'espace autour d'un vaisseau spatial rempli de loques humaines. Le numérique toujours qui permet aux machines de Portal 2 de créer et modifier des salles de test à merci. Ce sont peut-être de beaux lâcher-prises, mais qui portent très bien leur noms. Si l'on se place à leurs côtés et que l'on se retourne, nous constaterons que le coup de crayon, l'encre et le sang sont bien loin. Spielberg est précisémment dans cette posture de l'explorateur avancé, engouffré, qui se retourne et ce regard rétrospectif lui permet de faire la mesure de l'histoire qu'il raconte.

     

                La ligne claire de Hergé, c'est de la matière qui accroche la matière, ce contact en train de disparaître (loué soit Tarantino et son Boulevard de la mort, ses vinyles qui craquent, ses pneus qui crissent, ses tôles qui se froissent, ses filles qui parlent et qui cognent). Les aventures de Tintin, c'est ce contact oublié, perdu dans la mémoire comme les souvenirs du Capitaine Haddock. Tout cela fait bloc (ou polygone, ou pixel). C'est le montage qui disparaît, et par là même, l'idée que quelqu'un monte le film, qui disparaît. Le film semble se dérouler et se construire en totale autonomie. Le générique du début raconte ainsi, en une seule séquence, une histoire de Tintin (Les sept boules de cristal). Dans le film, plusieurs séquences sont raccordées par l'intérieur du plan. Parlons de montage « par le volume »: la mer raccorde sur une flaque d'eau, le désert sur le dos d'une main, mais à chaque fois, reste un élément, pas comme un bug informatique, tout au contraire, mais comme  un hyperlien. **Hyper – lien**. Un cargo se retrouve dans la flaque d'eau, Tintin sur le dos de la main. Spielberg a tout saisi du numérique et de la folie qui lui est propre. Ses mouvements sont ceux de flux inarrêtables qui ne peuvent que donner le vertige et le tournis aux hommes (ces mouvements échappant naturellement à leur entendement). En cela, Spielberg fait de Haddock notre plus proche représentant (nous en serions les ancêtres). Le capitaine boit, ingurgite, rote. Il nous ressemble en cela que l'on peut, avec beaucoup d'indulgence, imaginer qu'il soit fait de viscères et boyaux (le seul dans le film). Il ressemble aussi à l'humain comme créateur et artiste du fait que, au sein du film, il est celui qui perd la mémoire, délire et tangue, petit, dans ses immenses navires. Ces crises de paniques, le capitaine les a à cause de son histoire, immense et trop ancienne. Celle-ci cache pourtant mille trésors.

                Spielberg sait tout cela, n'en est que trop gravement conscient. S'il raconte le péril encouru par enfouissement une bonne fois pour toute, du cinéma incarné (qui l'a émerveillé lui et par lequel il aura émerveillé à son tour), c'est en lâchant complètement prise, se laissant dissoudre dans le mouvement. Adieu la main de l'homme et que jaillisse le mouvement continu de la machine, autonome. Parfaitement autonome. La course poursuite au Maroc est une pure folie numérique. Tournoyante, vertigineuse, affolée. Elle est insensée, jouissive forcement, donne l'irrémédiable envie de calculer l'espace parcouru tant nous sommes dépassés par la frénésie de l'action. Le lâcher prise. Comprenez, il n'est plus question de faire des prises, ni même d'en refaire. Telle est l'implacable force de l'autonomie numérique (son potentiel suffit, elle peut se passer d'une équipe). Telle est l’inutilité de l'homme ici. Il faudrait lire, ou relire le beau livre d'anticipation de Hervé Aubron, Génie de Pixar. Il y était question de ce même horizon funeste et libérateur (inquiétant en somme).

                Spielberg quant à lui, ne tient pas à laisser son film filer dans cette déferlante. Il revient, in fine, pour conclure. Haddock et son ennemi, se battent en duel, pilotant chacun une énorme grue. Deux hommes derrière deux machines qui s'entrechoquent. Ceux-là n'en reviendront jamais aux mains, jamais. Telle est la mesure de l'histoire parcourue. Elle est soit grossière, soit effrayante, c'est selon. Venant de Spielberg, visionnaire s'il en est, tout le monde est en droit de s'interroger*, car il vient, tel un astronome, de nous faire partager une découverte qui était jusqu'à maintenant induite : il existe bel et bien un trou noir numérique, empêchant toute forme de matière et de rayonnement de s'en échapper. La fascination pour cette nouvelle énigme, ne fait que commencer. Tendons l'oreille.

     

    * « Un monde où Spielberg est devenu une référence, voire la référence, est un monde qui régresse. » Burdeau pour Mediapart à propos de Super 8 de JJA

     

    Simon Lefebvre


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  • Le 6 janviers 2011, Independencia rédigeait ses Notes pour un Manifeste de la critique, un appel a contribution donc pour dégager les grands traits d'une critique contemporaine. Parmi les notes, deux points forts ressortaient: la proximitée entre le critique de cinéma et le réalisateur (ou producteur, ou acteur etc...) ainsi que le fossé grandissant entre le grand public et les grands textes (cf: "plus les articles sont longs, plus la queue devant les salles de cinéma est courte"). En somme, comment redonner un réel attrait à la critique de cinéma (littérature, lettres, arts) pour vaincre le ratatinement de la critique-prescription (barèmes allociné) et de la critique coup-de-pouce ou critique sympa (copinage)? Une chose est certaine, c'est que Internet et ses nombreux réseaux va avoir une place importante à jouer dans tous cela, et c'est certainement vers cette voie qu'il va falloir se tourner pour envisager une nouvelle forme de critique contemporaine. Nous y reviendrons dans un prochain billet.
    Avant de publier nos idées, remarques, analyses nous souhaitions publier un cours dialogue à ce sujet que nous avons eu Thomas Clolus et moi-même. Nous avons à l'heure actuelle, des activités bien différentes si ce n'est notre insasiable envie de voir films et séries. En tout cas, nous n'avons pas tous les deux envie d'écrire à ce propos automatiquement (l'un moins que l'autre...ce fut différent à une époque). Notre Cinéma a cette grande caractéristique de casser le rythme des publications quand bon lui semble. C'est une zone en perpetuelle guerre. Reste que nous sommes et restons attentifs à toute la production critique actuelle, qu'elle nous déplaise, nous laisse tiède, ou nous stimule. Petit dialogue donc, en prémice de notre contribution au pre-manifeste.

    Simon Lefebvre, avec l'accord de Thomas Clolus.


    Simon Lefebvre
    : Remis de ta grippe?

    Thomas Clolus: ça va, ça traine un peu, mais ça va. Justement, je te répondais enfin, après relecture du manifeste. Je poursuis, à toute suite. De toute manière, tu verras, ma réponse n'est ni en soi, satisfaisante, ni définitive... Question difficile....

    SL: Oui, question difficile, surtout qu'il y a pas mal de non-dits dans leur texte j'ai l'impression. Ils se posent pas mal de question vis à vis de l'objectivité (et je crois qu'ils pensent à la revue Capricci). Je ne l'ai pas lu, il parait que ça ne parle que, ou presque, de l'actualité de la société, mais bon, la revue en porte le nom, donc c'est assumé. Aussi ça ne me pose aucun problème. Peut-être aussi que l'auteur du pre-manifeste ne pensait pas à ça (en fait je pense qu'ils n'y pensaient pas).

    TC: Bon, je t'envoie ce que j'écrivais tout de suite, et on continue ici, tiens... En fait, au sujet de ça, disons du fait que, à large ou petite échelle, au centre ou à la marge, le cinéma est un ensemble de personnes situées à des endroits, des professions différentes mais complémentaires et défendant un même ensemble ; je vois mal comment je pourrais avoir de problème avec ça à partir du moment où on l'assume et où ça s'actualise par ce qui peut se lire par un goût commun.
    Aussi, je ne sais pas si on peut dire: CNC, Independencia, Cahiers, Capricci, même combat mais ce qui est intéressant, je pense, au sens global, ce n'est pas la logique de fonctionnement interne, c'est qu'il doit sans cesse y avoir possibilité d'autres groupes, d'autres instances, d'autres rassemblements, pour qu'il n'y ait pas concentration mais sans cesse contre pouvoirs, idées et gouts différents.

    SL: Oui, c'est ce que Capricci fait par ailleurs beaucoup avec Facebook. Ils font sans cesse des sortes de sondages ou d'appels à projets.

    TC: Et ça, c'est quelque chose qui vient en amont de la gestion politique et démocratique: comment peut-on entrer sur le terrain économique et médiatique librement si on a quelques chose d'autre à proposer? C'est ça la vraie question. Aussi, si on est cinéphile, la question, c'est, comment, si par exemple on connaît un cinéaste connu et soutenu par personne, en faire parler, montrer ses films, comment faire en sorte que le pouvoir de cinéma (argent, écriture, popularité) ne cesse de se partager davantage. Chaque individu et groupe défend des cinéastes. Comment le faire à une place où il y a un peu de pouvoir?... Réfléchir personnellement à ces questions m'est après chose difficile, car je ne connais que ce à quoi j'ai accès (Tarantino, Rousseau, Inrocks, Independencia). Je n'ai pas vraiment de revendication sur le fait de porter tel ou tel cinéaste que peu de gens connaissent. Toi, en tant que cinéaste, tu est sans doute davantage touché par ces questions. Mais pareillement, tu parviens un peu à créer un groupe autour de toi, pour mener à bien tes projets.... Internet aide bien, s'agissant du droit et du partage des voix... Moi, mon rapport au cinéma, à la cinéphilie, c'est une cinéphilie de la consommation de ce qui existe déjà, une consommation de gout, certes, mais une consommation quand même. Je jouis et défends des choses qui existent déjà avant moi et des choses qui sont déjà défendues avant moi. Après, chacun y apporte sa nuance, sa sensibilité particulière. Je ne peux pas voir beaucoup plus loin. Je n'ai pas de création à revendiquer, pas de nouveauté à apporter. (sauf que la question se pose si demain, on veut écrire sur Tarantino et pas seulement écrire mais se faire publier). Publier autrement que sur Internet, ce qui est déjà une zone de visibilité.

    SL: Justement, les textes critiques ne font pas vraiment de liens entre eux. On est sur internet, il n'y a que ça, des liens, des hyperliens. Sur Notre Cinéma, j'ai écrit à partir d'un film, mais aussi à partir d'un texte qui lui était consacré dans Télérama. Sur Inde, Neyrat écrivait à propos d'un "article" à propos d'un film encore, cette fois dans les lignes de Libé. Faire les liens, renvoyer à des textes, des images, des musiques, ça me semble presque essentiel sur internet. C'est une idée que tu avais bien concrétisée à l'époque des Images en Écho sur notre site.

    TC: L'interdépendance positive et affirmée, c'est ce qu'on fait à notre échelle, partage et solidarité des goûts, mais ça fonctionne que quand ce partage est ressenti, quand ce n'est pas le cas, il est normal qu'il ait séparation. Ce que je veux dire, c'est que je vois et je sais très bien comment tout cela fonctionne, je respecte les gens qui s' interrogent sur tout cela, mais je ne vois pas trop ce que j'ai à revendiquer, à changer là dedans. (Très honnêtement: sauf si, demain, je suis en instance de produire quelque chose (film, écrit cinéma), car là, il faut bien se placer activement dans le jeu.

    SL: Oui, surtout que tu n'écris plus ou presque.

    TC: Voilà, mes préoccupations actuelles sont davantage de consacrer la plupart de mon énergie et de mon temps à découvrir ce qui pourrait m'importer, ce que je pourrais encore considérer comme de belles choses. J'ai l'impression que la route est loin d'être terminée... Sinon, pour ce qui est des vidéos des paroles de gens, par souci de rendre visible, démocratique, les différents points de vue, c'est sans doute une très bonne idée, proche et parent d'internet, d'ailleurs, mais j'avoue que je suis déjà très occupé à m'occuper à mon point de vue à moi, de manière sans doute très égoïste d'ailleurs, et de m'intéresser au point de vue des autres, ceux qui écrivent déjà...

    SL: Justement, à ton endroit de lecteur, et a la lecture du pre-manifeste d'Independencia, tu te sens toujours non-concerné? (le texte porte sur l'absence de connexion entre le public et la critique).

    TC: Je n'ai pas dit que je ne me sentais pas concerné, ayant tous une place dans le cinéma, notre cinéphile a une place (nous avons des gouts, nous défendons des films, des critiques, des personnes, des enseignes) et justement, j'essaie (à mon échelle), d'établir ces connexions: Capricci - salles de caen - pages Facebook - partage de lectures et films à d'autres personnes. Tu vois, on est nécessairement concerné, on fait partie positivement du jeu, il n'y a pas de hors-circuit, de passivité. Après Cannes, j'aimerais faire venir Independencia et Raya Martin au LUX. je pense qu'on se sent tous à la fois en sentiment d'appartenance, de proximité avec ce qui existe déjà et à la fois en situation d'isolement.... Car, évidemment, si aujourd'hui, j'avais les moyens de m'acheter une maison d'édition et d'élire mes écrits et de les publier, là, je m'y remettrais.... Donc, à tous les pôles (appartenance et exclusion, sati faction et frustration), je suis concerné, de même que tu l'es....

    SL: Pas toi, encore tu as trouvé ta place: être le relais entre les exploitants Caennais, et les critiques/cinéastes avec qui tu es en contact via FB.

    TC: Oui, c'est une place. Il pourrait y en avoir d'autres... On a jamais définitivement trouvé çà place. Nos aspirations, nos gouts changent. Mais oui, quelqu'en soit la raison, mon histoire personnelle ou quoi, que ce soit de la religiosité fervente, une acceptation de ce qui est ou ne peut qu'être un refus, abandon d'autre chose, j'ai une place qui me satisfait, d'une certaine manière, et j'ai envie de continuer à la développer et à explorer de ce coté là. Mais ce n'est jamais définitif, fixe, les discussions, les rencontres comptent, pour éventuellement bousculer la donne.

    SL: Du côté de l'exploitation?

    TC: Non, là ou je suis actuellement, dans la mesure ou je fais tout pour avoir une place que tout le monde qualifierait de non place, c'est à dire le plus hors du système, de la compétition et de la concurrence. Malheureusement ou pas, je ne me sens pas révolutionnaire, je suis dans le confort (à ma toute petite place, ce quasiment rien qui constitue pourtant énormément pour moi).

    SL: « Revolution is confusion ». Dans la nébuleuse internet + art et essai + multiplexes, la révolution sera difficile. Peu importe ton statut officiel, ta proximité avec les exploitants caennais, et ta cinéphilie, fait de toi quelqu'un qui fait lien. Pour le coup, tu sauves la parole consacré aux films, d'un certain isolement. Elle rencontre les gens. Elle est parlée, voire dialoguée.

    TC: Oui, c'est un souci et une exigence permanente, que les choses dialoguent entre elles. Mais bon, c'est toi qui m'a sollicité, tu as aussi sans doute davantage d'idées derrière la tête, et je serais toujours tout ouïe pour toi (une oreille active), donc n'hésite pas, d'autant plus que je le répète, il n'y a rien de fixe.

    SL: Oh moi tu sais, hormis le fait que je veux (un jour j'exigerai) que tu te remettes à écrire... et puis oui, je répondrai à Independencia via Renzi, mais au nom de Notre Cinéma, petit blog dans la nébuleuse.

    TC: THANKS!


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    2/ MOURIR COMME UN HOMME (Joao Pedro Rodriguez)
    3/ SOCIAL NETWORK (David Fincher)

    4/ FILM SOCIALISME (Jean-Luc Godard)
    5/ ONCLE BOONME, CELUI QUI SE SOUVIENT DE SES VIES ANTERIEURES (Apichatpong Weerasethakul)
    6/ EN PRÉSENCE D'UN CLOWN (Ingmar Bergman)
    7/ LE MARIAGE À TROIS (Jacques Doillon)
    8/ ANOTHER YEAR (Mike Leigh)
    9/ RUBBER (Quentin Dupieux)
    10/ BELLE ÉPINE (Rebecca Zlotowski)


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  • 1/ BAD LIEUTENANT: ESCALE A LA NOUVELLE-ORLEANS (Werner Herzog)
    2/ ONCLE BOONMEE, CELUI QUI SE SOUVIENT DE SES VIES ANTERIEURES (Apichatpong Weerasethakul)
    3/ MOTHER (BONG Joon-ho)
    4/ KABOOM (Greg Araki)
    5/ SHUTTER ISLAND (Martin Scorsese)
    6/ EASTERN PLAYS (Kamen Kalev)
    7/ OUTRAGE (Takeshi Kitano)
    8/ THE SWIMMER (Frank Perry)
    9/ BREATHLESS (Ik-june Yang)
    10/ AMERICAN TRIP (Nicholas Stoller)


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