• Césarée - Marguerite Duras (1979)

     

        Tandis que les statues antiques, entre éternité et ruines embrigadées par la préservation sociale à laquelle les soumet le monde contemporain contemporain, offrent une image du passé sous le mode de la résistance impondérable et sèche, la caméra de Duras passe et glisse, accueillant telle une surface de papier les mots vertigineux de l'écrivain- cinéaste. Les mots répétent l'essentiel, afin que le fluide verbal mute en matière ferme, et les Statues, marqués par le glissé des mots et des mouvements de caméra, libèrent un soupçon de souplesse et amplitude. Ces transformations souterraines et enfouis à la surface de l'image sont le propre d'un temps creusé à l'infini ou les strates de passé et de présent miroitent à l'infini, par système de croisement subtil et de lignes de perspectives nouvellement tracées. La lumière s'obscurcit lorsque la caméra passe sous les ponts, et c'est  le trou noir d'une mémoire qui nous dépasse qui saisit et ravit le spectateur.

          Thomas C


    Tags Tags : , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :